Est-ce que le vapotage passif existe ?

A l’issue d’une première décennie de commercialisation sur le sol européen et américain, la cigarette électronique continue d’animer les débats scientifiques. Parmi les sujets pointus évoqués ces dernières années, la question du vapotage passif et plus précisément l’hypothétique toxicité des aérosols recrachés attise notamment la curiosité des vapoteurs et des personnes exposées à la vapeur. Pour apporter une lumière à cette question primordiale, voici quelques éléments de réponses apportées par les études les plus fiables actuellement en vigueur.

Le vapotage passif, c’est quoi ?

La notion de vapotage passif fait référence à la redistribution des particules organiques et chimiques (à travers les composantes des e-liquides) par les vapoteurs aux autres personnes lors de l’exhalation de la vapeur issue de la cigarette électronique.

Assimilé au principe du tabagisme passif, ce phénomène n’a pas manqué d’alerter les responsables de la santé publique ambitionnant une protection des non-vapoteurs face à la nicotine, le propylène glycol, la glycérine végétale, les édulcorants, l’alcool, les arômes et autres produits chauffés et transformés en gouttelettes.

Dans le cadre de mise en œuvre de cette protection contre le vapotage passif, les législateurs ont ainsi édicté des règles visant à interdire le vapotage dans certains endroits, à savoir les lieux publics fermés, les espaces destinés aux mineurs, les bureaux, les transports publics et bien d’autres.

Le vapotage passif et le tabagisme passif sont-ils semblables ?

Il est indéniable qu’une partie des substances vaporisées et recrachées par les vapoteurs puisse atteindre les poumons des autres personnes à proximité, aussi l’existence du vapotage passif ne peut être ignorée. Ceci étant, certaines déclarations confondent à tort le potentiel toxique de cette vapeur et de la fumée de tabac recrachée par les fumeurs.

En l’espèce, une recherche de 2015 effectuée par l’Institut de santé publique de Norvège avait affirmé la similarité du vapotage passif et du tabagisme passif. Les moyens de l’étude se fondent sur la détection de nicotine dans le sang de 15 personnes exposées à la vapeur secondaire d’un e-liquide. En d’autres termes, la revue médiatique de l’Institut a mentionné que le vapotage passif était aussi dangereux que le tabagisme passif.

Le camp de la vape n’a pas tardé à réagir face à ce résumé plus ou moins déroutant. L’un des principaux scientifiques et non moins défenseurs de la cause des vapoteurs, le Dr Farsalinos, a notamment demandé des explications approfondies sur les taux de nicotine inhalés par les 15 personnes assujetties à l’expérience de l’Institut de santé publique de Norvège. Suivant sa requête, il n’est pas concevable que la quantité de particules de nicotines vaporisées soit supérieure ou égale à celle contenue dans la fumée passive. Jusqu’à ce jour, aucune explication supplémentaire n’a été apportée par les auteurs de l’étude préliminaire.

Le vapotage passif, des effets physiologiques bénins

En France, toutes les dispositions prises par les autorités concernant l’usage de la cigarette électronique en société visent à protéger les personnes fragiles et les mineurs du vapotage passif. En ce sens, il a été admis qu’une exposition directe ou indirecte aux composants vaporisés des e-liquides peut causer des effets néfastes comme l’addiction à la nicotine… mais à quel point ?

Encore une fois, le Dr Farsalinos a apporté des explications claires en indiquant la faible viabilité des particules gazeuses. Sur le banc d’essai, il a prouvé que les gouttelettes de e-liquides contenant de la nicotine pouvaient flotter dans l’air pendant 60 secondes avant de se désagréger. Cette longévité est 100 fois plus infime par rapport à la durée de vie de particules solides contenues dans la fumée des cigarettes traditionnelles.

Pour clore ce débat sur la comparaison du tabagisme passif et du vapotage passif, le Dr Farsalinos a précisé que les maladies chroniques généralement enregistrées chez les fumeurs passifs tels que les troubles cardiaques et respiratoires ne pouvaient survenir de la vapeur passive. Dans les faits, la vapeur ne contient aucune des composantes cancérigènes du tabac combustible et autres substances nocives comme le benzène, le monoxyde de Carbonne, l’acide cyanhydrique, l’ammoniac, le mercure, le plomb, le chrome, etc…


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